LNC du 25 octobre 2014

« Nous pensions être une centaine, nous serons 2 750 ! »

Publié le samedi 25 octobre 2014 à 03H00

Degemer mat (*) au 120e anniversaire de l’Armorique, l’amicale des Bretons et des amis de la Bretagne. La fête aura lieu aujourd’hui à la salle de l’Amicale vietnamienne de Tina, à Nouméa. Au menu : tradition et exposition sur l’histoire d’un peuple voyageur.

Françoise Le Guerson présente l’exposition historique sur les Bretons.

Françoise Le Guerson présente l’exposition historique sur les Bretons.

Photo Thierry Perron

Les Nouvelles calédoniennes : Vous fêtez aujourd’hui le 120e anniversaire de votre association. C’est la plus ancienne de Calédonie ?

Françoise Le Guerson : A notre connaissance, oui. La création de notre association a été publiée dans le Journal officiel calédonien du 3 mars 1894. Nous savions que notre organisation remontait au XIXe siècle, bien avant la loi de 1901, mais il nous a fallu des mois de recherches aux archives pour en trouver la preuve matérielle et en avoir la certitude.

En réalité, cette association s’est constituée dans le courant de l’année 1893. Et nous avons également retrouvé un article de la France Australe de janvier 1894, relatant une de nos premières manifestations. C’était avant même la publication au Journal officiel.

 

Avez-vous pu faire l’historique de l’arrivée des premiers Bretons sur le Caillou ?

Absolument. Les deux premiers se sont installés en 1855. Il s’agissait de deux marins, Théophile Frouin, et Alexandre Le Leizour, arrivés à bord de l’Aventure, et qui n’ont pas voulu repartir. Ensuite est arrivé un autre Frouin, Charles, qui était chirurgien sur un baleinier. Robert Frouin, qui a été longtemps maire de Koumac, est un des grands soutiens de notre association.

 

Y a-t-il eu des vagues d’immigration importantes ?

Oui, à partir des années 1870. Le « Ministère de la marine et des colonies » a mené une politique d’envoi de colons volontaires. Le voyage était pris en charge et, à l’arrivée, les migrants se voyaient offrir quelques outils, des graines, et on leur assignait un lopin de terre. Cette politique a bien fonctionné en Bretagne car il y avait beaucoup de misère à l’époque et les bateaux partaient presque tous de Brest ou du Havre. La plupart de ces gens ont fait souche et beaucoup ont épousé des Mélanésiennes.

Pas d’autres grosses vagues ?

Non. Il y a eu bien sûr quelques bagnards, mais surtout un flot continu de marins qui décidaient de rester ici et de ne pas repartir à bord de leur bateau. Souvent, ils allaient se cacher quelque temps dans les tribus. Il y avait les gens de la marine marchande, mais aussi les marins militaires. Parfois, ceux qui avaient fait une escale ou une période d’affectation, décidaient de revenir en Calédonie une fois libérés de leurs obligations.

 

Savez-vous combien il y a de personnes ayant des origines bretonne en Calédonie ?

C’est impossible à dire exactement.On retrouve beaucoup de noms bretons disséminés dans toutes les ethnies. Le Peu, Lecren, Salaün, Yanno… Tous ces noms sont bretons.

 

Pourquoi fêter les 120 ans de l’association et ne pas l’avoir fait pour les 100 ans ?

Tout simplement parce qu’à l’époque, nous n’avions pas fait les recherches nous permettant de connaître notre date de création. Et puis, pour préparer nos 120 ans, nous avons fait tout un travail de recherche qui a permis de monter une exposition. Nous envisageons d’ailleurs de la faire circuler ensuite en Calédonie.

 

Combien de personnes attendez-vous ce samedi ?

Au départ, nous pensions être une centaine. Finalement, nous serons 2 750 dans la grande salle de l’Amicale vietnamienne. Nous sommes dépassés par le succès et devons jouer à guichets fermés. Mais c’est le fruit d’un an de travail. Il y aura bien sûr des chants, de la musique et des danses traditionnelles.

(*) « Bienvenue », en breton. Propos recueillis par Philippe Frédière

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